Entre la gestion des plannings de mon établissement toute l'année et mes ruches qui essaiment au printemps, j'ai parfois besoin de lever les yeux de mes copies pour aller voir ailleurs si j'y suis. Passer du plancher des vaches à la troisième dimension au-dessus de cette magnifique chaîne des Puys me parle particulièrement, d'autant que le parallèle avec la méditation évoqué juste avant résonne fort en moi. Quand on regarde les statistiques de fréquentation touristique de la région, avec près de quatre millions de visiteurs annuels, on se dit que la préservation de ce milieu naturel exceptionnel est un vrai défi, mais les acteurs locaux gèrent visiblement la cohabitation avec un professionnalisme remarquable. Pour avoir échangé avec des accompagnateurs lors de mes séjours dans le Massif central, leur approche pédagogique ressemble beaucoup à celle qu'on essaie d'appliquer avec des adolescents un peu stressés par les examens : on décompose les étapes, on verbalise les peurs et on avance pas à pas. Statistiquement, avec des taux de réussite et de sécurité aussi élevés sur les baptêmes en biplace, le risque réel est infinitésimal par rapport au bénéfice psychologique monumental qu'on en retire. Entre le tricot pour calmer mes nerfs le soir et l'apiculture pour apprendre la patience face à des colonies parfois un brin agitatrices, je crois que s'envoyer en l'air au-dessus de cratères millénaires est la suite logique de mon parcours. Le lâcher-prise n'est pas inné, c'est une discipline qui s'apprivoiserait presque comme le vol libre. Quand on quitte la pente école et que le vide sous les pieds se transforme instantanément en un panorama à couper le souffle sur l'ensemble des volcans endormis, toutes les petites ruminations du quotidien s'évaporent dans les thermiques. Les moniteurs locaux font un travail formidable pour transformer l'angoisse de la chute en une danse aérienne d'une fluidité absolue. C'est une parenthèse sensorielle qui remet l'église au milieu du village, ou plutôt le bipiade au-dessus des cratères, et qui rappelle à quel point notre environnement mérite d'être contemplé de hauteur. Ceux qui hésitent encore devraient se lancer sans arrière-pensée, car ce grand bol d'air pur vaut largement toutes les séances de sophrologie du monde réunies.
Ce débat sans fin sur le contrôle et l'imprévu me rappelle un peu mes conseils de classe houleux où certains profs paniquent à l'idée d'un programme modifié tandis que d'autres s'adaptent au quart de tour. Dans les deux cas, la nacelle ou la voile ne font que révéler notre rapport intime au lâcher-prise. Quitte à tester la troisième dimension en douceur, pourquoi ne pas commencer par une simple randonnée matinale sur les crêtes sans s'envoler, juste pour humer l'air et observer les voiles glisser au loin comme des graines de pissenlit avant de décider si le grand saut vous tente vraiment ?
C'est marrant comme ce débat me rappelle les conseils de discipline où tout le monde s'agite alors qu'il suffit de poser les bases calmement. Pour ceux qui veulent vraiment couper la poire en deux sans risquer la crise cardiaque au-dessus des cratères, l'alternative idéale reste de monter à pied par le sentier des Muletiers, de s'asseoir tranquillement dans l'herbe avec un bon bouquin ou un thermos de thé, et de regarder les voiles évoluer pendant une heure. Si après ça l'envie de s'envoler est toujours là, vous trouverez forcément une structure sur place pour un baptême tout en douceur. Sinon, la randonnée offre déjà un spectacle grandiose sans faire monter le palpitant à deux cents.
Exactement, les bases ça sert juste à pas finir perdu au milieu de nulle part sans plan B ! 😅 Après, le vrai kiffe reste de se perdre un peu exprès. 🗺️✨